Entretien du Figaro avec Sheikh Thamer bin Hamad Al Thani, Directeur adjoint du GCO

9 avril 2021

Dans un entretien accordé au journal français Le Figaro, Sheikh Thamer bin Hamad Al Thani, Directeur adjoint aux affaires médiatiques du Bureau de la Communication du Gouvernement, a confirmé que les appels au boycott de la Coupe du monde 2022 au Qatar étaient fondés sur des rapports médiatiques trompeurs, ajoutant que celles et ceux qui appellent au boycott ignorent les progrès réalisés par l’État du Qatar en ce qui concerne la réforme de son droit du travail et le respect des droits des travailleurs immigrés. Il a déclaré qu’il était bon de constater qu’au cours des dernières semaines, de nombreuses associations footballistiques, ONG et groupes de supporters ont compris qu’un boycott ne constituait pas une issue constructive, expliquant que le Qatar soutient pleinement les footballeurs et les associations de football qui utilisent leur plateforme pour promouvoir les droits de l’homme. Leurs critiques concernant la Coupe du monde 2022 sont toutefois déplacées, et le Qatar a fait des progrès tangibles en matière de réformes du travail et a montré son engagement à poursuivre le processus en coopération avec ses partenaires internationaux.

Au cours de l’entretien, Sheikh Thamer bin Hamad Al Thani a expliqué que les articles de presse affirmant que 6 500 travailleurs étaient décédés sur les infrastructures de la Coupe du monde étaient à la fois trompeurs et « très éloignés de la réalité ». Ce chiffre, rapporté pour la première fois par le Guardian, comprend la totalité des décès, sur les dix dernières années, des résidents au Qatar originaires d’Inde, du Sri Lanka, du Pakistan et du Népal. Cependant, contrairement à ce que prétendent les articles, toutes ces personnes ne travaillaient pas sur des chantiers de construction.

« Les expatriés de ces pays comprennent aussi des étudiants, des personnes âgées et des travailleurs employés dans les bureaux, les commerces de détail, les écoles et les hôpitaux. Le Qatar compte plus de 1,4 million d’expatriés originaires de ces pays. Seuls 20% d’entre eux sont employés comme ouvriers dans le secteur de la construction, qui représente moins de 10% de tous les décès entre 2014 et 2019. »

Au cours de l’entretien, Sheikh Thamer bin Hamad Al Thani a déclaré que l’évolution la plus significative a été le démantèlement du système « Kafala », les travailleurs n’étant plus tenus d’obtenir un permis de sortie pour quitter le pays, et pouvant changer d’emploi comme ils le souhaitent. Il a noté qu’en mars 2021, le Qatar a institué un salaire minimum obligatoire, le premier du genre au Moyen-Orient, offrant une sécurité financière supplémentaire à chaque travailleur au Qatar et à leurs familles à l’étranger.

Sur le front de la santé et de la sécurité, le Directeur adjoint aux affaires médiatiques du Bureau de la Communication du Gouvernement a déclaré que « l’État du Qatar a rehaussé les normes. Le travail en extérieur est interdit durant les heures les plus chaudes de la journée pendant l’été et de nouvelles technologies ont été introduites pour garder les travailleurs au frais lorsqu’ils sont sur place. Des logements modernes ont été construits à travers le pays pour les travailleurs, et les compétences des inspecteurs du travail ont été étendues à la veille des conditions de travail et d’hébergement ». Il a noté qu’au dernier trimestre de 2020, plus de 7000 peines ont été prononcées, allant d’infractions mineures à des infractions plus graves qui ont entraîné de lourdes amendes et des peines d’emprisonnement. Il a expliqué que le Qatar revoit constamment ses lois pour améliorer les conditions et les droits des travailleurs tout en veillant à renforcer le marché du travail.

S’agissant de la coopération avec les organisations internationales, Sheikh Thamer bin Hamad Al Thani a déclaré : « Nous avons prolongé notre accord avec l’organe des Nations Unies chargé du travail, l’Organisation Internationale du Travail à Genève, qui, en 2018, a ouvert un bureau au Qatar afin d’accompagner notre programme de réforme du travail. »

S’exprimant sur l’exploitation des travailleurs immigrés par des agences de recrutement, le Directeur adjoint aux affaires médiatiques du Bureau de la Communication du Gouvernement a souligné la protection des travailleurs immigrés contre cette exploitation avant même leur arrivée au Qatar. Il a noté que le Qatar a ouvert des centres de délivrance de visas dans les pays d’origine de nombreux travailleurs, où ces derniers peuvent signer leur contrat et passer des examens médicaux avant leur départ, sans avoir à répéter le processus à leur arrivée au Qatar. Tous les frais de recrutement et les frais connexes sont à la charge de l’employeur.

« Pendant la pandémie de la Covid-19, notre gouvernement a mis des fonds à la disposition des entreprises pour qu’elles continuent à payer les salaires et les loyers des travailleurs immigrés. L’État du Qatar dispose également d’un système permettant de garantir que les salaires soient payés intégralement et en temps voulu. Ce système exige que les entreprises du Qatar ouvrent des comptes bancaires pour leurs employés et y transfèrent les salaires par voie électronique. Les entreprises qui enfreignent ce système sont passibles d’une peine d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 10.000 riyals, qui est multipliée à chaque violation. Les travailleurs peuvent également déposer une plainte contre leur employeur s’ils ne sont pas payés. Ces plaintes sont examinées par le ministère du travail et, si une solution à l’amiable ne peut être trouvée, le travailleur peut porter l’affaire devant un tribunal spécial des litiges, qui cherchera à résoudre le problème dans un délai de trois semaines ».